L'église et l'avortement (Robert et Kathleen)

Publié le par Jean-Marc Pillas

Nous avons reçu des courriels de téléspectateurs, troublés ou choqués par le traitement au 20h du dimanche 8 avril de l’affaire de cette fillette brésilienne de 9 ans, violée par son beau père et qui a avorté, provoquant l’excommunication de sa mère et de l’équipe médicale ayant pratiqué l’avortement.
Robert Ferréol trouve « audacieux » le parallèle fait par notre correspondant à Rome entre cette excommunication et la levée de l’excommunication de l’évêque intégriste britannique qui persiste dans son négationnisme. Il voit dans ce parallèle une intention de « brocarder l’église » et souhaite que TF1 réalise un dossier sur les positions du Judaïsme, de l’Islam et des franc-maçons en matière d’avortement. Pour Kathleen Bosteels, ce « traitement de l’info a mis l’église sur le banc des accusés » et le reportage « prend prétexte de ce fait-divers pour régler des comptes avec l’église ». Elle s’interroge : « pourquoi cette vendetta contre l’église » alors que « la société actuelle est en proie à une crise morale sans précédent et désespérément en recherche de valeurs ».

 

Je voudrais d’abord rappeler quelques faits utiles à la compréhension de l’affaire. La fillette de neuf ans était enceinte de jumeaux après avoir été violée et sa vie était en danger compte tenu de sa morphologie fragile. La loi brésilienne autorise l’avortement en cas de viol et le Brésil n’est pas soumis à la loi chrétienne (les chrétiens représentent une immense majorité dans ce pays) contrairement à ce qu’affirme l’Archevêque de Recife qui a prononcé l’excommunication en la justifiant ainsi : « La loi de Dieu est au dessus de toute loi humaine ». La France a accordé aux femmes la liberté d’avorter et aucun élu du peuple, de gauche ou de droite, ne songe à remettre ce droit en question. A l’instar de l’abolition de la peine de mort, il n’y a donc pas lieu de rouvrir un débat depuis longtemps « tranché » (pardon pour ce mauvais jeu de mots). Enfin, la République française et les médias français respectent les croyances de tout un chacun. Croyez-bien Madame et Monsieur que nous n’avons aucun « compte à régler avec l’église » ni aucune intention d’offenser les croyants qui adhèrent à ses dogmes.

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