Professeurs-documentalistes (Anne et d'autres...)

Publié le par Jean-Marc Pillas

Bonjour,

La conclusion du reportage sur les enseignants dépressifs, diffusé pendant le journal télévisé de 20 heures le mardi 5 mai, m'a fait bondir : les deux enseignantes présentées se destinaient à suivre une "formation de documentaliste", et le journaliste concluait ainsi : "pour elles, fini les cours". Je suis professeur-documentaliste (c'est notre appellation exacte !) depuis trois ans; tous les ans, nous devons nous battre contre une administration qui méconnait totalement les rouages de notre métier, au point d'envoyer dans les centres de documentation des collègues dépressifs sous prétexte qu'ils ne peuvent plus assurer des cours devant leurs élèves; or, là où le bât blesse, c'est que les documentalistes sont des professeurs, titulaires d'un CAPES de documentation, et qui assurent comme les autres professeurs des cours, en l'occurrence des cours d'info-documentation, et ce dans toutes les classes, de la sixième à la terminale. Il aurait donc été judicieux de la part du journaliste de parler plutôt d'"assistants de documentation". Et de s'abstenir de conclure par cette malheureuse phrase "finis les cours"...

Bien cordialement,

Anne Devaux,

professeur-documentaliste

 

Madame,

Je suis désolé d’avoir eu à couper une grande partie de votre texte, trop long pour figurer ici.

Nous avons reçu plusieurs courriels allant dans le même sens mais avons choisi de ne publier que le votre car il nous parait le mieux résumer la pensée des professeurs-documentalistes qui ont réagi à ce sujet. Voici la réponse du journaliste qui a réalisé le reportage.

 

"Oui, le journaliste se laisse parfois aller à la formule. « Fini la classe » en était une, sans qu’elle ne soit pour autant pure invention… Ce sont les enseignants eux-mêmes qui considèrent la documentation comme un compromis raisonnable de réinsertion dans l’éducation nationale. « Fini la classe », c’est dans leur tête, fini la responsabilité d’une classe de 30 élèves, à emmener au baccalauréat, au brevet, vers les études supérieures...

Il ne s’agissait donc pas de ternir l’image d’une profession, encore moins de minimiser votre rôle éducatif ou l’importance de votre diplôme, mais plus de se placer du côté de ces enseignants malades pour qui la « classe » peut devenir une terrible souffrance".

Louis Olivier 

 

 

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Emilie Pourtalet 07/05/2009 13:17

Bonjour,
Le mea culpa de votre rédaction est appréciable, mais bien peu visible pour le grand public. Votre blog permet à tout un chacun de réagir, certes, mais seules les personnes concernées directement penseront à le consulter… Un remède bien illusoire au mal qui a été fait.
Après une telle bévue, blessante en effet pour des personnels qui dépensent tant d’énergie à revaloriser un métier et à prouver leur utilité, il serait approprié de réaliser un reportage sur cette profession méconnue, non ?!
J’imagine très bien un reportage décalé et humoristique, partant du cliché de la documentaliste poussiéreuse et acariâtre, pour en prendre le contre-pied. Vous n’aurez aucun mal à trouver un ou une documentaliste souriant, motivé, compétent, qui vous permettra de dépasser ce cliché décidément tenace !
Et merci de nous aider à garder le sourire !!!

François Daveau 07/05/2009 12:17

Oui, effectivement un reportage sur les CDI de collège et de lycées serait opportun ; c'est depuis assez longtemps maintenant (création en 1958) , un lieu où se développent nombres d'innovations.Les professeurs documentalistes sont des enseignants dont le rôle est particulièrement important et riche pour la formatiion des élèves ; ce rôle auprès des élèves est différent et il serait intéressant de le connaître.

François Daveau

Des Déserts Anne 07/05/2009 12:02

"Fini la classe"... formule intéressante et provocatrice... Oui, sans doute dans la tête de ces 2 enseignants, fini la classe et ses contraintes... 18h/semaine ! S'ouvre pour elle la réjoussante perspective d'avoir des élèves 30h/semaine, sans pause récréation pour souffler avec les collègues à la machine à café. Pas systématiquement en groupe classe, certes, mais souvent par groupe, pouvant aller jusque 40 ou 50. Pas de contraintes d'examens, certes, mais des demandes variées et disparates (en ce qui me concerne, de la 6° aux BTS : je dois faire face à tous les niveaux, toutes disciplines), auxquelles il faut répondre, toutes en même temps ! Sans compter un centre de documentation à gérer (et cela ne s'improvise pas).
Votre intention n'était sans doute pas de dévaloriser notre profession, mais vous y êtes tout de même parvenu ! Assumez vos responsabilités !!! en laissant passer des formules lapidaires, vous créés et fortifiez des préjugés infondés.
Quid de la rigueur journalistique ???
Je suis consternée, et amère...

Myriam 07/05/2009 11:50

Bonjour

il est regrettable que vous ayez ce genre de propos. Je ne savais pas que les onze à douze heures de cours en info-com, que je donne chaque semaine, n'étaient pas des cours face à des élèves. Sans compter les récréations, les élèves souhaitant venir pendant les permanences... On n'est loin d'un lieu sans élève ! Quand au programme à suivre, nous en avons un. Renseignez-vous !

Dupont Anne-Lise 07/05/2009 10:54

Bonjour,
Le métier de professeur-documentaliste est méconnu du grand public mais il l'est aussi des professeurs en réadaptation qui au lieu d'être 18h face à des élèves seront 30h avec eux... Fini la classe de 30 élèves certes, mais savez-vous qu'un CDI de lycée peut accueillir jusqu'à 150 élèves simultanément? Alors 18h avec 30 élèves ou 30h avec 150? C'est peut-être pour cette raison que les professeurs-documentalistes passent un capes, concours destiné à former des professionnels de l'information-documentation et à son enseignement. Il me semble que l'information sur le métier de professeur-documentaliste ne passe pas. Pourquoi ne pas lui consacrer un repartage du 20h. Ce geste permettrait de rééquilibrer les données...