Terminologie américaine (José)

Publié le par Jean-Marc Pillas

Bonjour,

Concerne reportage sur la commémoration de l'esclavage et le Psdt. Sarkozy.

Je vous écris parce que j'ai été choqué des commentaires suivants:

1) Il a été dit, a peu près, que les "noirs" ou les "associations noires"

seront satisfaites de l'événement: C'est une vision assez choquante de la question de l'esclavage qui ne concerne pas que les noirs, mais tout le monde. En particulier les humanistes et cela depuis la révolution de 1789!

2) Il a été fait référence au général Alexandre Dumas en évoquant un "afro-américain" ou un "afro-(quelque chose)". Cette terminologie n'est absolument pas en vigueur en France. Il y a les antillais, les noirs, les métis ou mulâtres (cas de Dumas) mais pas d'afro-quelque chose. C'est une terminologie américaine.

Bref ces deux remarques visent des "propos américanisés" (raciaux) tenu par le présentateur ou le reporter. Des propos qui ne sont conformes ni avec notre langue, ni avec l'esprit de la république. Nous ne sommes pas aux Etats-Unis !

Cordialement,

José

 

Monsieur,

Je n’ai, pour ma part, pas le moins du monde été choqué par ce reportage. Il se trouve que les victimes des « négriers » étaient noires et pas blanches, donc je ne vois pas ce qu’il y a de choquant à les appeler ainsi. Devrait-on aussi remettre en cause le terme de « négrier » au prétexte qu’il a pour racine le mot « nègre » à connotation péjorative et discriminatoire ? Quand à l’expression « afro-antillais » elle est pertinente dans le contexte de ce sujet puisqu’elle désigne l’origine géographique des « antillais » victimes de l’esclavage. Je passe la parole à la journaliste qui a réalisé le sujet.

 

Monsieur,

Le combat contre l'esclavage, vous l'avez souligné, est un combat universel, humaniste.

Il a agrégé des hommes comme Victor Schœlcher, Lamartine, Dumas...et d'autres

qui ont combattu et interdit cette pratique. Aujourd'hui, le combat pour l'égalité des droits demeure.

Il s'est déplacé sur 2 terrains :  La reconnaissance de ce passé esclavagiste et  la lutte contre

les discriminations. Il est principalement mené par les associations composées comme vous le dites,

"d'antillais, de noirs, de métis, de mulâtres, de noirs. "

Ces associations ont obtenu : la création de la loi du 10 mai 2001 qui reconnait la traite négrière

comme crime contre l'humanité, loi Taubira, du nom de la députée de guyane et  l'institution, en 2006, de cette journée de commémoration de l'esclavage. La reconnaissance de la ville de Bordeaux de son passé de port négrier, est de ce fait d'abord une victoire pour ces associations, engagées dans ce difficile combat et bien sur, évidemment pour notre société.

Quand au général Dumas ( Thomas et non pas Alexandre comme vous l'écrivez - le général  est le

père de l'écrivain Alexandre Dumas), sa biographie indique qu'il est d'origine afro-antillaise.

Je vous remercie de l'intérêt que vous avez porté  à ce sujet.

Respectueusement,

Amel ARFAOUI 

 

 

 

 

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jose 15/05/2009 15:58

J'observe avec intérêt que vous avez publié ma remarque. Dont acte. Je vous confirme quand même que le général Alexandre Dumas porte le même nom que son fils et non le prénom de Thomas. Il semble que la biographie utilisée soit d'origine "douteuse". La même semble t'il que celle qui parle "d'afro-antillais" un terme qui n'est pas d'usage en France.
Cordialement,