"Artistes gâtés" (Stéphanie)

Publié le par Jean-Marc Pillas

Quand allez-vous enfin relayer l’opinion de M. et Mme Tout-le-monde, des couches populaires et moyennes, et plus seulement des privilégiés médiatiques ?!

Le discours de M. Lefèvre, habillé pour l’occasion en bobo de gauche qu’il défend ouvertement devant les représentants des français (enfin, devant ceux qui voulaient bien être présents dans l’hémicycle), était un condensé de démagogie à faire bondir « la France qui se lève tôt » qui a voté pour M. Sarkozy, souffre de la crise, et est délaissée au profit de « la France qui se couche tard », ces artistes gâtés qui geignent sur leur sort.

Nous citer en exemple Pierre Arditi qui vit plus que luxueusement en « jouant » quand d’autres vivent modestement en trimant sur un travail peu passionnant, Juliette Greco l’icône de la gauche Beluga de Saint-germain des Prés, Michel Piccoli et d’autres, c’est se moquer du monde. Il ne manquait que Carla Bruni à citer (sans doute très influente) pour rendre un peu plus honteux le tableau fait des « faibles contre les forts » dixit M. Lefèvre.

Je n’encourage pas le téléchargement mais je considère que ce n’est pas davantage du vol que d’enregistrer la radio, c’est un troc entre particuliers, mais à l’échelle mondiale ce qui dérange bien sûr les producteurs. Les artistes sont déjà ultra privilégiés par leur choix de vivre d’un métier de passion, presque de loisir, par les privilèges des intermittents du spectacle, par la rente que représente un succès pour certains. Est-il juste qu’un succès fasse vivre plusieurs générations sans rien faire quand le fruit du travail a du mal parfois à faire vivre une seule génération ?

Argumenter en affirmant que c’est  surtout défendre la création, les jeunes artistes, est indécent. Les artistes, débutants ou confirmés, devront vivre à l’ère Internet en exerçant leur véritable métier de saltimbanque devant un public, et non en étant rentier de la Sacem. Est-ce si dramatique ? N’y avait-il aucun artiste avant la création du disque ? Les auteurs et compositeurs sont rémunérés sur chaque passage de leur titre en concert, radio, boite, restaurant… pas de quoi se plaindre. Surtout dans cette période difficile.

Vraiment, il y a des combats plus nobles, des catégories professionnelles plus menacées et qui souffrent d’horaires et de pressions que « l’exception culturelle française » n’impose à aucun artiste raté ou accompli.

Ce serait tellement bien de faire entendre un peu cette opinion, au lieu de faire de l’espace médiatique un cocon protecteur pour les artistes.

Je vous remercie d’avance et vous adresse mes meilleures salutations.

Stéphanie.

 

Madame,

je publie votre courriel afin de participer à la diffusion de l’opinion de « Monsieur et Madame tout le monde » sur ce sujet décidément très sensible.

 

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