Erreur humaine (Jean)

Publié le par Jean-Marc Pillas

Dans un sujet sur la catastrophe de l’airbus de « Yeménia » au large des Comores, un de nos journalistes a par méprise parlé d’un airbus A330 au lieu d’A310. Il s’est excusé auprès de Jean, un téléspectateur qui lui en faisait la remarque. Voici la réponse de Jean à notre journaliste, suivie de mes remarques.

 

Je ne vous en veux pas. J'ai bien compris qu'il s'agissait d'une simple erreur humaine que vous avez l'honnêteté de reconnaître sans soumettre d'excuse fallacieuse en réaction.

Pourtant, vous auriez pu avancer pour votre défense que le technicien son au mixage n'a pas relevé la confusion des modèles d'avion, vous auriez encore pu rajouter que votre erreur a bien passé le filtre du visionnage par la rédaction en chef avant diffusion à l'antenne et enfin, que Claire, qui ne semblait pas hyper stressée par l'actualité ce jour-là, pouvait encore rattraper la boulette au retour plateau puisque le lapsus avait été exprimé sur la toute dernière phrase du commentaire que chacun avait encore en tête. Vous avez assumé seul la faute que trois autres personnes au moins auraient pu vous signaler. Je vous en sais gré car il est extrêmement rare de pouvoir faire reconnaître une erreur à un journaliste professionnel qui finit généralement toujours par avoir le dernier mot jusque dans les réponses à un droit de réponse (rassurez-vous, deux autres professions naviguent dans la même marre de la perfection absolue : les médecins et les juges d'instruction). Si vous faites partie de ces exceptions de la catégorie des journalistes professionnels, gardez donc cette âme qui est peut-être encore jeune (ben oui, plus il a de la "bouteille" et moins le journaliste professionnel est enclin à reconnaître une bévue).

Sincères salutations.

Jean

 

Monsieur,

Depuis que la rubrique « La rédaction vous répond » existe, contrairement à ce que vous avancez, il n’est pas rare qu’un journaliste reconnaisse son erreur. Cette rubrique en atteste avec plusieurs exemples. Les journalistes professionnels ne cherchent pas systématiquement à avoir le dernier mot dés lors que leur erreur est indiscutable. Il est vrai que dans le cas d’une erreur mineure comme celle de l’Airbus A330 au lieu d’A310, il est difficile de la corriger à l’antenne si personne ne s’en aperçoit en temps voulu. Dans le cas d’erreurs plus graves pour lesquelles le téléspectateur n’aura pas corrigé de lui-même et qui peuvent induire un contresens et donc une compréhension erronée de l’information, il serait souhaitable qu’elles fassent l’objet d’un rectificatif à l’antenne, même après coup. Je ne parle pas d’informations volontairement erronées qui demeurent extrêmement rares et relèvent de la « désinformation ». Concernant le partage des responsabilités en cas d’erreur, effectivement, plusieurs « corps de métiers » présents aux différentes étapes de la fabrication du sujet sont susceptibles de relever une erreur dans le texte du journaliste, du monteur au présentateur, en passant par le mixeur et le rédacteur en chef. Mais c’est à ce dernier qu’incombe la responsabilité "in fine" de ce qui passe à l’antenne (avec le Directeur de l’information et en bout de chaîne, le Directeur de la publication).

 

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