Risque contesté

Publié le par Jean-Marc Pillas

Dans le 20h de TF1 sur Mardi 18 août 2009 vous avez laisser, dans un de vos reportages, une personne malintentionnée dire que statistiquement les homosexuels représentent un risque cent fois supérieur aux hétérosexuels pour la transfusion sanguine.
Malheureusement, sans doute en manque de journalistes partis en vacances, vous n'avez pas rectifier cette énormité.
En effet, chaque poche de sang est systématiquement testée, la période où la présence du virus n'est pas détectée étant d'environ 10 jours. Pour évaluer le risque statistique d'un don c'est donc le pourcentage de personnes infectées dans les deux dernières semaines précédent le don qui compte (et non pas évidemment le nombre totale de personnes infectées... une personne infectée depuis plus d'un mois par exemple sera inévitablement détectée par les tests systématiques.) Hors le rapport dans les nouvelles contaminations est le suivant: 60% d'hétérosexuels, 38% de bi-homosexuels.
Un don de sang effectué par un hétérosexuel représente donc un risque 1,5 fois supérieur à un homosexuel.

Ces données bien inquiétantes (puisqu'on les autorités choisissent volontairement d'exclure les population les moins risquées au profit des plus risquées) sont le résultat de plus de vingt ans de mobilisation dans la communauté gay. Une fois de plus, vous avez laisser passer l'occasion de rappeler la vérité (à moins que ce soit volontaire?) D'ailleurs, depuis plusieurs années, à la demande des associations comme ActUp, Aides ou les diverses associations LGBT; et devant le constat du manque chronique de dons, les homosexuels ont recommencé à donner massivement leur sang (il suffit de mentir lors de l'entretient préalable au don), et on constate qu'il n'y a pas eu de problème supplémentaire de contamination par transfusion.
Au passage, vous auriez pu rappeler dans votre reportage que si officiellement les homosexuels sont exclus du don du sang, il ne le sont absolument pas du don d'organe.
Vous auriez également pu vous demander pourquoi les lesbiennes sont également souvent exclues du don du sang (non officiellement, mais en pratique c'est le cas) alors que le nombre de lesbiennes contaminées doit être d'environ zéro.
Vous auriez également pu rappeler les engagements que Roseline Bachelot avaient pris le 27 novembre 2007 sur France-Info, où elle déclarée qu'elle allait "suspendre l'interdiction" pour les homosexuels de donner leur sang, déclarant cette interdiction de "démarche discriminatoire qui n'est pas tolérable".

Bonjour,

La « personne malintentionnée » dont vous parlez est un hématologue. Il ne parle pas de risque avéré mais de risque potentiel, évalué par le très sérieux Institut National de Veille sanitaire. Vous avez parfaitement le droit de contester les statistiques de cet organisme officiel mais ne nous reprochez pas de donner la parole à un spécialiste du don du sang. D’autant plus que ce sujet donnait largement la parole à un homosexuel dénonçant « la discrimination » que représente l’interdiction faite aux homosexuels de donner leur sang. Concernant la déclaration de Roseline Bachelot sur France-Info, vous avez parfaitement raison. Mais c’est cette même Roseline Bachelot qui est à l’origine du décret d’interdiction du 12 janvier dernier. Le reportage aurait pu aussi aborder d’autres questions comme celle des lesbiennes face au don du sang mais il est très difficile de traiter de tous les aspects d’un sujet aussi important en une minute et vingt secondes.

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